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Economie : science de l’utilisation des richesses utiles à la société. Elle est l’exercice de l’autorité des hommes sur les choses.
La relation économique s’exerce au sein des relations politiques qui lui donne ses lois. mais le pouvoir politique doit permettre à l’économie de s’exercer librement dans le cadre de la loi protectrice du bien commun et sans porter atteinte au pouvoir créateur de l’autorité économique.
L’économie est le produit de la libre initiative des individus.
Il n’appartient pas à l’Etat de régenter la vie économique, mais de l’aider, non de l’absorber.
De même, il n’appartient pas au pouvoir économique d’exercer une influence exagérée sur la vie politique en cherchant à la diriger ou à l’absorber.
Le développement des moyens de communication et de transport, le besoin accru de matières premières, la diversification des sources d’énergie ont élargi le champ des échanges commerciaux, amenant les entreprises à étendre leur sphère d’activité très au-delà de leur marché national ou continental.
Pour que ces relations commerciales soient de nature à favoriser les relations entre les peuples, elles doivent s’établir sur la base de prix justes de façon à ne défavoriser ni celui qui vend ni celui qui achète. Elles ne doivent se faire ni au détriment des mains d’œuvre locales, ni à celui des mains d’œuvre des pays fournisseurs. Elles doivent être un facteur de prospérité pour chacun des partenaires.
Elles ne doivent en aucun cas dégénérer en exploitation de peuples sans défense devant l’appétit d’entreprises économiques puissantes.
Il appartient aux instances internationales (Organisation Mondiale du Commerce, Fonds Monétaire International…) de définir des règles de négociation justes, de veiller à leur application et d’intervenir lorsqu’elles sont transgressées au nom d’un libéralisme sans frein et que celui-ci est de nature à amplifier la domination des nations riches sur les nations moins favorisées.
| Commission Attali : crise de finalité |
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| Écrit par Fulcran de Berges | |
| 12-11-2007 | |
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La Commission pour la Libération de la Croissance Française, présidée par Jacques Attali a été créée à l’instigation du Président de la République. Le site internet consacré aux travaux de cette commission donne le contenu de la lettre de mission rédigée par la Président Sarkozy à l’attention de Jacques Attali. L’objectif assigné à cette commission est « d’examiner les conditions d’une libération de la croissance française ». Ce thème de croissance revient comme un leitmotiv dans les débats politiques actuels. C’est devenu la priorité de l’action politique française. Si l’on se demande sur quoi se fonde la recherche de cette croissance, la lettre de mission donne la réponse suivante : « pour assurer une meilleure insertion de la France dans l’économie mondiale ». En quoi les français sont ils si impliqués dans la recherche de cette mondialisation ? Réponse : une croissance insuffisante serait défavorable à la justice sociale, au niveau et à la qualité de la vie. La lettre de mission établit donc un lien direct entre vigueur de la croissance, mondialisation, justice sociale et qualité de vie. Evidemment, l’exemple chinois laisse rêveur devant cette affirmation.
L’axiologie de nos élites apparaît clairement : la finalité de l’action politique est la recherche de la croissance, elle-même ordonnée à une parfaite immersion de la France dans l’économie mondiale. Cette immersion permettant une meilleure justice sociale et un plus haut niveau de vie. Le Bien commun de la France est devenu l’immersion dans l’économie mondiale. Face à cette profession de foi, les catholiques proposent quelques éléments de réflexion doctrinale.
Le Pape Pie XII, dans son allocution aux membres du Congrès des Echanges Internationaux du 7 mars 1948, note en matière d’analyse économique un désarroi des idées directrices : « d’une part, un déplorable manque de réflexion qui porte à se contenter d’un empirisme facile et superficiel ; d’autre part, une véritable et intrinsèque divergence d’idées sur ce qu’est et ce que doit être l’économie sociale, et comment l’homme doit la considérer et la traiter. Ici, précisément, les principes chrétiens de la vie sociale doivent dire leur mot, et un mot définitif si les hommes veulent vraiment être chrétien et se montrer tels dans toute leur activité. »
Le Pape précise ensuite les principes : « Qui dit vie économique dit vie sociale. Le but auquel elle tend par sa nature même et que les individus doivent également poursuivre dans les diverses formes de leur activité, c’est de mettre, d’une façon stable, à la portée de tous les membres de la société, les conditions matérielles requises pour le développement de leur vie culturelle et spirituelle. Ici donc, il n’est pas possible d’obtenir quelque résultat sans un ordre extérieur, sans des normes sociales, qui visent à l’obtention durable de cette fin, et le recours à un automatisme magique est une chimère on moins vaine pour la vie économique que dans tous autre domaine de la vie en général. »
La finalité de l’action économique est donc de servir la société toute entière. Elle doit concourir au bien commun. L’économie, agissant dans son ordre, doit procurer, de façon stable, les conditions matérielles qui permettent le développement de la vie culturelle et spirituelle. Cela revient à dire que l’homme, vivant en société afin d’atteindre ses fins naturelles et surnaturelle, se sert de l’économie pour en assurer les conditions matérielles. Les conditions matérielles ne sont qu’un moyen. Il n’est pas question de niveau de vie ou de qualité de vie au sens matériel. On n’arrive pas à ces résultats sans un certain nombre de normes sociales que la politique à pour rôle de rappeler et d’instituer. La doctrine qui sous-tend la lettre de mission exprime à l’inverse une politique de moyens, sans en exprimer véritablement la fin et dans normes sociales. Ce constat est à rapprocher de celui que fait Marcel Clément, dans son ouvrage L’économie sociale selon Pie XII. Ce qui marque notre époque c’est la crise de finalités.
Le Pape expose ensuite un deuxième point fondamental : « L’économie nationale, en tant qu’économie d’un peuple incorporé dans l’unité de l’Etat, est elle-même une unité naturelle, qui requiert le développement le plus harmonieux possible de tous ses moyens de production, sur tout le territoire habité par le même peuple. En conséquence, les rapports économiques internationaux, ont une fonction positive et nécessaire, certes, mais seulement subsidiaire. Le renversement de ce rapport a été une des grandes erreurs du passé. » L’économie véritable ne peut exister en dehors d’un peuple. L’économie sans référence à un ancrage, sans un peuple déterminé, sans un territoire délimité est une inconnue, une aventure, une fiction sans finalité précise. C’est pourquoi la place de l’économie française dans l’économie mondiale est sans doute importante, mais elle ne doit pas être la première priorité d’un pouvoir politique au détriment du développement harmonieux des ressources et des agents économiques sur le territoire national. Ce développement harmonieux nécessite sans doute des choix qui n’obéissent pas nécessairement aux considérations de compétitivité sur le marché mondial. Pourquoi la disparition de charbonnages de France ? Au prix actuel du pétrole, était-ce si justifié ? Pourquoi la haute technologie en France est-elle dominée à plus de 80% par le capital apatride ? Pourquoi les produits dits militairement sensibles sont–ils majoritairement fabriqués par des entreprises étrangères ? (Un exemple entre mille : l’hélice du porte avions Charles De Gaulle fabriquée aux USA)
Plutôt que de se demander si c’est plus cher ou moins cher à l’étranger, la question politique est toujours : oui ou non la France doit-elle posséder telle production ou telle ressource ? Jouer le jeu de la mondialisation, c’est jouer le jeu des « grands opérateurs mondiaux » qui ne sont d’aucun pays et ne voient que leur propre intérêt. Le Pape dit pourtant que le renversement du rapport entre activités nationale et internationale a été "une des grandes erreurs du passé". A quelle erreur le Pape fait-il allusion ? Aux grandes internationales, à la communiste, à la socialiste et à la libérale qui ont abouti à la division du monde en deux blocs menaçant l’un comme l’autre de détruire la planète si l’on était pas d’accord avec eux.
Les propos du Saint Père, pourtant datés de 60 ans, sont toujours d’actualité. Cela tient au caractère immuable de la loi naturelle, qui est le socle de la doctrine sociale de l’Eglise. Du côté politique français, que s’est-il passé en 60 ans ? Rien, sinon que la pensée économique est restée coincée dans ses postulats pseudo-scientifiques, accordant une entière confiance aux mécanismes aveugles de la concurrence, de la loi de l’offre et de la demande, mécanismes que le Pape qualifiait ironiquement d’« automatismes magiques »
Résumons-nous :
Le Président Sarkozy a demandé à Monsieur Attali de s’entourer de différentes sensibilités économiques et sociales. Visiblement, ce dernier n’a pas jugé bon de consulter les catholiques. Peut-être cet ostracisme exprime-il un fond de crainte ? La crainte de devoir réviser le credo scientiste et nécrosique réputant la morale non scientifique. La consultation de véritables catholiques serait une vraie révolution, une révolution intellectuelle copernicienne pour les élites politiques et économiques de la France. Ils n’y sont pas prêts ? A nous de les y préparer ! |
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Collectif « Catholiques en Campagne » 14 rue Charles V 75004 Paris