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Regard chrétien sur...

Institutions et laïcité

 

Principe

Les institutions politiques sont un MOYEN qui doit permettre à l’homme d’atteindre sa FIN. Ainsi, elles créeront les conditions sociales capables de favoriser un développement harmonieux des perfections physiques, intellectuelles et morales de l’individu et l’aideront ainsi à sauver son âme.

 

Conséquences

1) Les institutions politiques reconnaîtront et respecteront l’ordre voulu par Dieu, elles reposeront sur les fondements naturels et divins. Elles s’appuieront sur l’ordre naturel des choses, le Décalogue et les préceptes évangéliques interprétés par le magistère de l’Église.
2) Les institutions politiques sont œuvres humaines. L’homme est un animal politique c'est-à-dire capable de se doter d’une organisation sociale. Soucieuse de respecter les préceptes divins, l’organisation tiendra compte des contingences historiques, géographiques, économiques, propres du moment, ainsi que des dons particuliers accordés par le Créateur au peuple considéré.
3) Les institutions politiques idéales n’existent pas. Il ne saurait exister ni un archétype d’institutions, architecturé et définitif, ni un système social et politique, parfait, précis et figé. Seule la doctrine et les principes universels demeurent. Seul l’ordre voulu par Dieu est immuable.
4) Les institutions politiques devront respecter l’homme, en tant qu’il est créé avec une volonté libre c’est à dire capable de choisir le bien, le salut de son âme. Les institutions sont au service de l’homme. L’homme n’est pas créé pour les institutions.
5) Les institutions politiques seront distinctes de l’institution religieuse. Distinctes mais pas séparées. L’Eglise, gardienne de la Vérité, a une souveraineté doctrinale sur les institutions temporelles. Cette souveraineté n’est qu’indirecte. L’Eglise a le pouvoir de donner des directives mais pas celui de décider directement.
De la laïcité selon François Hollande Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Montgirmont   
03-01-2008

voltaire.jpg Dans son très intéressant article du 23 décembre 2007 à propos du voyage présidentiel à Rome, Jean-Marie Lagarde souligne en particulier les réactions de la gauche. Il cite celle de François Hollande : « M. Sarkozy laisse penser que la laïcité a été fermée, sectaire et qu’elle a commis une erreur de combattre les religions. C’est une vieille rengaine de la droite la plus cléricale. (…) C’est un jugement faux et grave. » (Le Monde du 21 décembre).

Je crois que ce qui est faux et grave c’est justement cet avis si peu éclairé du leader socialiste en panne de réflexions sensées, en manque de connaissances historiques et en proie à ses continuels délires politiques. Expliquons-nous. La laïcité a toujours été fermée et sectaire. Elle l’a été dès sa naissance. Lorsque les « grands » philosophes du siècle dit des Lumières parlent de la religion catholique, ils n’ont pas assez de mots injurieux, dégradants, voire haineux envers elle. Exemples.

 

Selon Diderot : « (…) jamais aucune religion ne fut aussi féconde en crimes que le christianisme ». Du même auteur : « (…) cette religion étant, à mon sens, la plus absurde et la plus atroce dans ses dogmes ; la plus inintelligible, la plus métaphysique, la plus entortillée (…) ; la plus funeste à la tranquillité publique, la plus dangereuse pour le souverain (…) ; la plus plate, la plus maussade, la plus gothique et la plus triste dans ses cérémonies ; la plus puérile et la plus insociable dans sa morale (…) ; la plus intolérante de toutes ». Voila des propos ouverts. Cette ouverture a dû échapper à la sagacité et à la culture de M. Hollande !

Mais, dans ce domaine, il y a toujours mieux ou plutôt pire. Cette fois ce n’est plus la sagacité et la culture du premier secrétaire du parti socialiste qui sont visées mais tout simplement son honnêteté. Car il convient à présent de citer Voltaire, ce nouveau saint élevé sur les autels de la Raison et de la Laïcité dans le temple du Panthéon. C’est donc bien une référence pour tous les tenants de cette laïcité « ouverte » et « libérale ». Tout le monde se souvient de cette exhortation voltairienne à « écraser l’infâme ! ». Mais d’autres invectives du seigneur de Ferney, moins connues, méritent d’être relues. A Mme Du Deffand le 27 septembre 1769, il affirme: « Nous avons croupi depuis Clovis (depuis son baptême) dans la fange. » 1 . A la même Mme Du Deffand le 22 avril 1765 au sujet de la religion catholique, il écrit : «  le plus absurde et le plus abominable système qui ait jamais affligé la nature humaine ». Ou encore à d’Argence le 11 octobre 1763, il qualifie le christianisme comme : « la superstition la plus infâme qui ait jamais abruti les hommes et désolé la terre ». On pourrait ajouter des centaines d’autres citations ; elles seraient toutes de cette même eau saumâtre qui a désaltéré tous les champions de la laïcité. Elle fut donc à ses débuts haineuse et vulgaire. La laïcité a ses pères ; c’est bien volontiers que le bon sens répugne à cette paternité.

D’autant que les descendants intellectuels de ces illustres calomniateurs, humanistes salonnards mais tyranneaux publics, ont gardé le même discours, conservé les mêmes mots, utilisé les mêmes invectives. Pire, venus au pouvoir au temps d’une république troisième du nom mais première dans l’opprobre des scandales, ils ont expulsé les prêtres, inventorié les églises, fiché les officiers.

 

Non, vraiment non, M. Hollande, la laïcité a bien été fermée et sectaire. Et ce n’est pas une vieille rengaine de la droite la plus cléricale. C’est une chanson bien connue. Elle a été écrite bien avant que la notion de droite existe ; ses paroles et sa musique continuent de séduire les gogos. Et contrairement à ce qui a été dit, la vraie laïcité ne combat pas les religions mais la seule religion catholique car même dans sa haine la laïcité reste sectaire.

 

1 Là, il faut bien admettre que le discours de M. Sarkozy contredit les outrances de Voltaire. C’est amusant de constater, une nouvelle fois, que les proclamations du Président finissent toujours par s’opposer les unes aux autres selon les lieux et le temps.

 
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Collectif « Catholiques en Campagne »   14 rue Charles V   75004 Paris