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Regard chrétien sur...

Economie et mondialisation

Economie : science de l’utilisation des richesses utiles à la société. Elle est l’exercice de l’autorité des hommes sur les choses.

Relations du pouvoir économique et du pouvoir politique

La relation économique s’exerce au sein des relations politiques qui lui donne ses lois. mais le pouvoir politique doit permettre à l’économie de s’exercer librement dans le cadre de la loi protectrice du bien commun et sans porter atteinte au pouvoir créateur de l’autorité économique.

L’économie est le produit de la libre initiative des individus.

Il n’appartient pas à l’Etat de régenter la vie économique, mais de l’aider, non de l’absorber.

De même, il n’appartient pas au pouvoir économique d’exercer une influence exagérée sur la vie politique en cherchant à la diriger ou à l’absorber.

Mondialisation

Le développement des moyens de communication et de transport, le besoin accru de matières premières, la diversification des sources d’énergie ont élargi le champ des échanges commerciaux, amenant les entreprises à étendre leur sphère d’activité très au-delà de leur marché national ou continental.

Pour que ces relations commerciales soient de nature à favoriser les relations entre les peuples, elles doivent s’établir sur la base de prix justes de façon à ne défavoriser ni celui qui vend ni celui qui achète. Elles ne doivent se faire ni au détriment des mains d’œuvre locales, ni à celui des mains d’œuvre des pays fournisseurs. Elles doivent être un facteur de prospérité pour chacun des partenaires.

Elles ne doivent en aucun cas dégénérer en exploitation de peuples sans défense devant l’appétit d’entreprises économiques puissantes.

Mission des organismes internationaux

Il appartient aux instances internationales (Organisation Mondiale du Commerce, Fonds Monétaire International…) de définir des règles de négociation justes, de veiller à leur application et d’intervenir lorsqu’elles sont transgressées au nom d’un libéralisme sans frein et que celui-ci est de nature à amplifier la domination des nations riches sur les nations moins favorisées.

Crise financière : Les états peuvent-ils s'affranchir des spéculateurs ? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Louis Noël   
29-10-2008

crise.jpgLes Etats qui volent au secours de l’économie en quenouille, sont-ils innocents des maux qui nous frappent ? On oublie un peu facilement l’origine de la crise des « subprimes » qui, par effet de ricochet, a atteint l’ensemble du monde.

Tout commence en 2001, après l’attentat contre les tours jumelles. L’économie américaine est paralysée, la crise s’annonce grave. Pour enrayer la récession qui pointe son nez, le président de la Banque fédérale, Alain Greenspan, décide une baisse spectaculaire des taux d’intérêt pratiqués sur les crédits.

 

Cette mesure est une décision de l’Etat, c’est donc une manifestation de régulation étatique et non de dérégulation. C’est ainsi que les organismes financiers prêtent à n’importe qui, pratiquement sans contrôle, au taux symbolique de …1% ! Qui refuserait un tel cadeau ? On s’endette donc massivement. La machine s’est emballée et rien ne l’arrêtera jusqu’à l’année dernière… et la catastrophe.  On reconnaîtra honnêtement tout de même que, de même que nous subissons aujourd’hui négativement les conséquences de la récession américaine, nous avons bénéficié en son temps en France, en Europe et dans le monde, des fruits de la « bulle financière » engendrée par la relance de 2001. On ne peut recueillir indéfiniment les avantages de la mondialisation sans en subir un jour les inconvénients.

 

On nous brosse, surtout en France, un tableau manichéen où sont dépeints des spéculateurs sans scrupules et des Etats vertueux. Or, les uns et les autres ont partie liée. Voici ce qu’écrit à ce sujet l’économiste Pierre-Antoine Delhommais : « Assiste-t-on, avec les plans de sauvetage bancaires, à une revanche de l’Etat sur les marchés ? On serait tout prêts à s’en persuader si les Etats eux-mêmes n’étaient pas les principaux acteurs des marchés financiers. Le stock d’emprunts (28.927 milliards $) représente la moitié du montant global de tout le marché obligataire mondial. C’est en levant chaque mois des fonds auprès des investisseurs professionnels – parmi lesquels les fameux hedge funds - que la France, par exemple, finance ses déficits. En d’autres termes, ce sont les affreux spéculateurs qui paient pour partie le salaire de nos infirmières et de nos professeurs. Même s’ils se chamaillent, l’Etat et les marchés financiers ne sont pas prêts à divorcer, ils ont trop besoin les uns des autres. » (Le Monde du 20/10).

Notons, au passage, que si notre pays ne votait pas, depuis trente ans, un budget en déficit, nous ne serions pas contraints actuellement à emprunter autant sur le marché international de la finance.

 

Les libéraux convaincus condamnent l’intervention actuelle des Etats dans le mécanisme économique. Selon eux, il aurait fallu laisser les banques fautives déposer leur bilan, c’eût été une juste sanction morale pour leurs errements et les actionnaires ruinés pour avoir mal placé leur argent n’auraient eu qu’à s’en prendre à eux-mêmes.  Nous pensons qu’ils ont tort. Les dommages collatéraux pour la population auraient été trop grands, les plus pauvres en souffrant les premiers. Rassurez-vous, nous ne sommes pas devenus étatistes, mais nous ne sommes pas libéraux non plus !

Nous croyons toujours que l’Etat doit s’en tenir à ses fonctions régaliennes. Il n’y a aucune raison, en soi, pour qu’il devienne banquier, fabricant de voitures, avionneur…

 

Conformément à la doctrine sociale de l’Eglise, il n’a qu’une fonction subsidiaire. Le principe de subsidiarité consiste à dire que la puissance publique n’a pas à intervenir quand les acteurs de l’économie, entreprises, associations ou corps intermédiaires sont en mesure de pourvoir aux besoins des populations. Mais quand ceux-là sont défaillants, l’Etat peut et doit, si le bien commun l’exige, se substituer à eux.

 

Nous sommes dans ce cas. Les banques ne pouvant plus, qu’elles soient responsables ou non de cette situation, financer la vie économique, l’Etat peut légitimement se substituer à elles. Il doit le faire, hélas ! en empruntant.  Toutefois il doit se garder de s’installer dans cette fonction. L’exercice de la subsidiarité est temporaire, comparable à une régence, un remède exceptionnel pour une situation exceptionnelle.

 

Nous remercions le Bulletin d’André Noël pour son aimable autorisation de reproduction. Bulletin André Noël, 23, rue Paul Vaillant-Couturier, 94700 MAISONS-ALFORT – banoel@wanadoo.fr

 
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Collectif « Catholiques en Campagne »   14 rue Charles V   75004 Paris