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Regard chrétien sur...

Vie et Santé

Dieu est l’auteur de toute vie humaine et lui confère ainsi un caractère sacré qui commence dès la conception et se poursuit jusqu’à la mort.Il n’appartient donc, ni aux hommes, ni à la société, de se substituer à Dieu en tout ce qui concerne la vie humaine.

Il ne leur appartient pas de s’opposer à la conception d’un nouvel être humain, et si cette conception est constatée, d’interrompre le développement de cette nouvelle vie par quelque procédé d’avortement que ce soit.

Il ne leur appartient pas plus de décider du moment du décès d’une personne sans pour autant solliciter et persévérer dans l’acharnement thérapeutique.

Mission des parents

Il est du devoir des parents d’offrir à l’enfant nouveau-né les meilleures conditions de vie et de lui permettre de s’épanouir physiquement, affectivement, intellectuellement et moralement.

Ils ont le souci de le maintenir en bonne santé et lorsqu’ils ne sont pas en mesure de le soigner s’il tombe malade, ils doivent pouvoir compter sur le secours du corps médical.

Mission de la société

La société civile a pour mission d’aider les parents, de mettre à leur disposition les moyens et secours subsidiaires que la cellule familiale ne peut ni posséder, ni utiliser.

En matière de santé, le secours médical doit s’étendre à toute personne quels que soient son âge et sa condition sociale. Le corps médical a une obligation de soins sous peine d’être accusé de non assistance à personne en danger, mais il n’a pas une obligation de résultats dès lors qu’il aura tout fait pour rendre sa santé au malade.

Congé d'accompagnement des mourants : l'Eglise à la pointe du progrès social ! Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Paul Hamon   
20-01-2009

mourant.jpgC'était en début d'année 2008 : le Pape fit une suggestion passée a priori inaperçue. Il s'agissait d'inviter les législateurs à accorder un droit aux congés pour les familles des mourants. Quelques mois plus tard, le gouvernement français prenait une initiative forte en ce sens ...


Une proposition du Saint-Père passée apparemment inaperçue ...

En ce lundi 25 février 2008, le Pape recevait les participants d’un congrès international organisé au Vatican par l'Académie pontificale pour la vie. Le thème du congrès était : « Auprès du malade incurable et de la personne en fin de vie ». A cette occasion, il réaffirma la condamnation par l’Eglise catholique de l'euthanasie : "Je saisis cette occasion pour réaffirmer, encore une fois, la ferme et constante condamnation éthique de toute forme d’euthanasie directe, selon l’enseignement pluriséculaire de l’Eglise". C'est clair, net et précis.

Puis, il déclara ceci : "Dans le domaine de la réglementation du travail, on reconnaît habituellement des droits spécifiques aux familles au moment de la naissance". Et il fila la comparaison entre la naissance et la mort pour déboucher sur une proposition. "De manière analogue (...), des droits similaires devraient être reconnus aux proches parents au moment de la maladie en phase terminale de leur proche".

Il expliqua alors qu’"une société solidaire et humaine ne peut pas ne pas tenir compte des conditions difficiles des familles qui portent le poids de la gestion à domicile de malades dépendants". Et de préciser : "Un plus grand respect de la vie humaine individuelle passe inévitablement par la solidarité concrète de tous et de chacun", y voyant "un des défis les plus urgents de notre temps".

Il conclut ainsi : "Une société qui n'arrive pas à accepter les personnes qui souffrent et qui, se révélant incapable de compassion, ne contribue pas à faire en sorte que la souffrance devienne une question de ‘partage', voire de ‘soutien' intérieur, est une société cruelle et inhumaine".

Fin de la première partie, romaine. Une seconde s'ouvrit alors, française cette fois.

 

Une concrétisation par le gouvernement Fillon

Quelques mois plus tard, les propos du Pape allaient trouver une traduction concrète en France.

Dans un premeir temps, le député-maire UMP d'Antibes, président de la mission d’évaluation de la loi du 22 avril 2005 sur la fin de vie, le docteur Jean Léonetti, le même qui vient de barrer la route avec succès à la légalisation de l'euthanasie, déclara que la situation française en matière d'accompagnement de la fin de vie était « scandaleuse ». Cela se passait lors de la remise des conclusions de son rapport sur la fin de vie au Premier ministre, le 2 décembre dernier. Et d'argumenter en ces termes : "Quand un homme a un enfant, on lui donne quinze jours de congé, mais quand un homme accompagne son enfant qui meurt, on ne lui donne pas un jour de congé avant la mort". Et de préconiser que soit reconnu ce congé d'accompagnement de la fin de vie, pour 15 jours, « à titre expérimental » donc sur une partie du territoire national seulement, sous forme de « congés payés ».


Dans son communiqué de réponse, François Fillon a dit partager l’essentiel du diagnostic et des propositions du rapport. Puis, il s'est dit favorable à un financement, partiel certes mais sur tout le territoire cependant, de ce congé inclus dans le "congé de solidarité familiale" nouvelle formule : à ce jour, le congé de solidarité familiale permet à tout salarié de s'absenter pour assister un proche souffrant d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital, mais il n'est pas rémunéré. Et de souhaiter que les ministres en charge du dossier lui fassent très vite des propositions concrètes sur le sujet. Le principe en est donc acquis, le reste suivra ...

Par ailleurs, le Premier ministre estime "inacceptable que quiconque puisse se trouver dans la difficulté ou l'impossibilité d'accompagner à domicile un proche vers la mort pour n'avoir pas pu, ou pas osé, arrêter temporairement de travailler".
Et d'assortir sa décision de cette belle déclaration à verser à la littérature de la culture de Vie : il juge "fondamental pour la société d'accorder une valeur équivalente à l'accompagnement du début et de la fin de la vie".

 

Merci à l'Eglise catholique !

La matière n'est pas anodine : il s'agit de la Vie. Sujet sensible s'il en est de nos jours dans nos sociétés matérialistes et hédonistes !

A y bien regarder, cette innovation législative constitue une petite révolution. Les congés payés, ce n'est plus seulement pour se distraire ! On peut même en attendre une plus grande attention au respect de la vie humaine « de la conception à la mort naturelle ».

Après avoir barré la route à l'euthanasie, au grand dam de ses promoteurs, certains hommes politiques français seraient-ils en train de donner un frémissement à la culture de vie ? Dans ses réactions aux conclusions de la mission Léonetti, François Fillon a accédé à une autre demande du rapport, à savoir la création d'un Observatoire des pratiques médicales de la fin de la vie. Or, les deux sujets sont liés : les professionnels de santé savent que des mourants seront moins enclins à solliciter un recours à la pire des solutions s'ils sont accompagnés dans leurs derniers instants, a fortiori par leurs proches. Idem si on leur propose des soins palliatifs.

Au final, il faut se réjouir de deux choses : l'initiative est venue de Rome. Le Pape a frappé un grand coup, il a parlé fort, il a fait une suggestion concrète. Deuxième motif de satisfaction, lié au premier : il a été entendu ! En France même ! Et ce, peu de temps après avoir parlé !

 

La doctrine politique et sociale de l'Eglise n'est pas morte ! A ceux qui demandent ce qu'elle est, voici une illustration ! Et preuve est faite qu'elle est, en 2008 comme hier, le moteur d'un authentique progrès humain et social...

 
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Collectif « Catholiques en Campagne »   14 rue Charles V   75004 Paris