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Economie : science de l’utilisation des richesses utiles à la société. Elle est l’exercice de l’autorité des hommes sur les choses.
La relation économique s’exerce au sein des relations politiques qui lui donne ses lois. mais le pouvoir politique doit permettre à l’économie de s’exercer librement dans le cadre de la loi protectrice du bien commun et sans porter atteinte au pouvoir créateur de l’autorité économique.
L’économie est le produit de la libre initiative des individus.
Il n’appartient pas à l’Etat de régenter la vie économique, mais de l’aider, non de l’absorber.
De même, il n’appartient pas au pouvoir économique d’exercer une influence exagérée sur la vie politique en cherchant à la diriger ou à l’absorber.
Le développement des moyens de communication et de transport, le besoin accru de matières premières, la diversification des sources d’énergie ont élargi le champ des échanges commerciaux, amenant les entreprises à étendre leur sphère d’activité très au-delà de leur marché national ou continental.
Pour que ces relations commerciales soient de nature à favoriser les relations entre les peuples, elles doivent s’établir sur la base de prix justes de façon à ne défavoriser ni celui qui vend ni celui qui achète. Elles ne doivent se faire ni au détriment des mains d’œuvre locales, ni à celui des mains d’œuvre des pays fournisseurs. Elles doivent être un facteur de prospérité pour chacun des partenaires.
Elles ne doivent en aucun cas dégénérer en exploitation de peuples sans défense devant l’appétit d’entreprises économiques puissantes.
Il appartient aux instances internationales (Organisation Mondiale du Commerce, Fonds Monétaire International…) de définir des règles de négociation justes, de veiller à leur application et d’intervenir lorsqu’elles sont transgressées au nom d’un libéralisme sans frein et que celui-ci est de nature à amplifier la domination des nations riches sur les nations moins favorisées.
| Crise financière : et si on tirait déjà quelques leçons ? |
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| Écrit par Paul Hamon | |
| 07-02-2009 | |
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Un impératif de modestie sur le sujetHier, les commentateurs étaient tous aux anges, quand la Bourse flambait chaque soir et que la fortune souriait même à ceux qui n'étaient pas audacieux ... Amateurs ou professionnels, tous ont adoré cette nouvelle forme du veau d'or et l'ont fait savoir. Aujourd'hui, amnésiques, ils brûlent ce qu'ils ont adoré hier et ils encenseront demain ce qu'ils brûlent aujourd'hui ... Pas bon pour la crédibilité ! En outre, cette crise est complexe et multiforme, avec ses imbrications bancaires, financières, immobilières, économiques, politiques, géopolitiques ... Qui prétendra en faire le tour alors que les experts ne sont toujours pas d'accord sur celle, de moindre importance pourtant, de 1929 ? Par ailleurs, nul ne peut décemment prétendre qu'elle a donné toute la mesure d'elle-même. Le bilan tiré à ce jour est à la mesure des dommages connus ... Pour toutes ces raisons, nous avons fait le choix de nous contenter de rappeler ici quelques fondamentaux. S'ils n'avaient pas été « oubliés », il y a fort à parier que la crise n'aurait pas connu une telle ampleur, voire n'aurait pas existé du tout.
La toute-puissance du marché, ennemi du bien commun !Il faut d'abord rappeler cette « évidence » : sur un plan technique, on ne peut s'enrichir tous et à long terme par la seule spéculation, par des placements poule aux oeufs d'or . La preuve par Madoff en quelque sorte. C'est le travail et l'activité économique, l'échange des biens par le commerce, qui produisent de réelles richesses. Restaurons la valeur du travail ! Sans compter l'immoralité de l'usure et les doutes pesant sur la moralité de la production de richesses par la seule spéculation financière, par ces placements de très court terme qui ne permettent même pas à une entreprise d'investir utilement les fonds en actions placés en elle. Ou qui l'incitent à privilégier à son tour la spéculation. Ce n'est pas un hasard si cette crise a pris naissance aux Etats-Unis, soit dans la patrie du libéralisme économique, où le marché est roi, a fortiori celui de l'argent. Par principe, y est posé l'illégitimité de l'Etat ou de tout autre acteur social à interférer dans le mécanisme de la loi de l'offre et de la demande. L'autonomie absolue de l'économie. Une régulation a minima, voire une absence de régulation de ce marché. Et un marché qui d'intermédiaire, sa vocation naturelle, devient but, par dévoiement. Dès lors, le marché a développé sa propre logique jusqu'à des conséquences irrationelles et anti-sociales. La preuve par les fameux subprimes, ces prêts immobiliers accordés à foison à des ménages manifestement insolvables et conduits à la ruine financière puis sociale. Leurs traites investies dans des produits à visée essentiellement spéculative. Au final, un enrichissement effréné de quelques uns au détriment d'un si grand nombre de citoyens modestes qu'il en est venu à créer une réelle atteinte au bien commun.
Une société fragilisée au finalToute spéculation financière, risquée par définition, peut enrichir son homme s'il sait se retirer à temps et faire des placements solides avec ses gains. Mais, d'une part il faudra résister à la tentation du « tant que je gagne, je joue !», d'autre part viendra toujours un moment où l'argent amassé « en dormant » présentera, au nom du retour au réel, la note. Il la présentera aux spéculateurs encore présents sur le marché au moment de son retournement, ce qui n'est que justice immanente ... Le problème est qu'il la présentera aussi à toute une foule d'agents économiques qui n'ont rien demandé. On le voit aujourd'hui : la spéculation financière entraîne une crise financière, laquelle crée une crise économique, cette dernière engendrant une crise sociale, avec son cortège de faillites, de licenciements, puis de suicides, de divorces ... Les victimes en sont les individus, les familles et les autres corps intermédiaires, l'Etat. Bref, la finance est chose trop sérieuse pour être laissée aux financiers ... Et quand la fameuse confiance qui est le nerf de l'économie, est mise à mal, voire détruite, il faut une action et une action à plusieurs niveaux pour la restaurer. Une action faite de bon sens et d'intelligence spéculative et pratique.
La régulation, action légitime du politiqueOn est bien tenté d'en appeler à l'action des corps intermédiaires, mais le réalisme impose d'admettre la modestie de leur action, a fortiori dans des Etats peu ou prou jacobins comme la France. L'économie solidaire est encore faible. Bien sûr, les entreprises peuvent et doivent s'inspirer de la doctrine économique catholique. Les syndicats également parce que l'union est encore plus nécessaire dans la tourmente : à eux de trouver au cas par cas l'équilibre entre la coopération avec la direction pour faire accepter les décisions difficiles et la méfiance à l'endroit des patrons sans scrupule qui « instrumentalisent » la crise. Les collectivités territoriales aussi. Dans le contexte actuel, cela reste limité. Et qu'on le veuille ou non, c'est bien l'Etat – et son incarnation : le politique, membre de l'exécutif ou du législatif et ses exécutants de la haute fonction publique – qui est significatif. Et il faut le dire sans tabou et tant pis pour les Catholiques libéraux en économie, assumés ou qui le sont sans le savoir : l'Etat est légitime à intervenir ! Il est de l'impérieux devoir de l'homme politique, promoteur et défenseur du bien commun, de réguler l'économie, au nom du bien commun. Non pas étatiser ou socialiser l'économie, mais poser des cadres et des limites protecteurs dans cette relation inégale entre un acteur financier professionnel donc en position de force par son savoir et ses moyens et un citoyen qui aura besoin d'un banquier pour se loger et subvenir aux besoins généraux d'une famille. Et au-delà des interdits, inciter les citoyens, par le bon exemple, à gérer en bon père de famille : préférer le long terme et la sécurisation de l'épargne (ou une audace relative), ne dépenser que ce que l'on a, ne pas créer de dettes poids morts !
Une pleine légitimité du politique et le cas françaisLe politique en effet doit être convaincu de sa légitimité, en tant que politique, à encadrer l'économie. Non dans le sens du socialisme par un contrôle tatillon et une prise en main directe, mais par un système d'économie sociale de marché. Le marché oui, mais tout n'est pas permis ! Il s'agit, au gré de l'imagination foisonnante des financiers de tout poil, de trouver un équilibre entre protection des faibles et liberté d'initiative.
La morale naturelle base d'un développement économique équilibré
Donc, il faut encore que les citoyens eux-mêmes, au-delà de la peur du gendarme, s'auto-limitent dans leurs pratiques, que celles-là soient franchement malhonnêtes ou inconsidérément risquées.
Et cela, nul ne pourra le faire mieux qu'une famille, puis une école, où seront respectés la loi naturelle et son couronnement, le Décalogue. A tout prendre, le principe de base de l'économie n'est-il pas : « tu ne voleras pas! » ... ? |
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Collectif « Catholiques en Campagne » 14 rue Charles V 75004 Paris