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Suicides : quelle part de responsabilité pour l'Entreprise ? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Henri Loigny   
07-11-2009

entreprise.jpgLes suicides continuent chez France Telecom et Christine Lagarde craint que la vague mortelle ne s'étende à l'ensemble des grandes entreprises publiques. Il n'y a pas lieu de revenir sur les macabres statistiques évoquées sur ce site, le débat étant maintenant mené par l'Inspecteur Général Honoraire de l'INSEE, René Padieu, par quotidien La Croix interposé. Selon lui, le taux de suicide chez France Telecom serait même moins élevé que dans le reste de la population... voudrait-il sous-entendre par là que rien ne sert de s'affoler ? Bien maigre consolation, en vérité pour les familles éprouvées.

Mais trêve de statistiques : les drames sont là, et ces constatations n'interdisent pas de se pencher sur les raisons qui poussent une personne à mettre fin à ses jours.

Certes, le message syndical se focalise sur les causes propres à l'entreprise, ne mettant pas sous une égale lumière la solitude, la désintégration familiale, le stress ou la faiblesse psychique. Les spécialistes de la question, tel Maurice Halbwachs, montrent que le passage à l'acte désespéré procède généralement d'un cocktail de raisons au dosage plutôt flou.

Sans vouloir accorder tout crédit aux Organisations Syndicales, le monde de l'Entreprise a sa part de responsabilités dans la genèse du stress. Notamment par ces formes d'organisation, qui pour modernes qu'elles paraissent, ont surtout de nouveau d'ignorer la nature humaine et ses besoins de repères clairs. Par exemple, le management matriciel qui met un salarié sous la responsabilité de plusieurs personnes, entraînant ainsi des contradictions propres à créer des déchirures psychologiques. Ou encore un pseudo management participatif dont le but est de faire croire au groupe qu'il opte de lui-même pour la solution décidée d'avance par le manager fonctionnel court-circuitant le hiérarchique.

C'est dans ce sens que nous comprenons la demande de la CFTC lors du débat sur la souffrance au travail : le syndicat chrétien a demandé qu'il soit reconnu que "certaines formes d'organisation du travail peuvent être par elles-mêmes génératrices de harcèlement et de violence". Malheureusement il existe d'autres formes perverses de management et d'organisation pour lesquelles nous renvoyons aux travaux remarquables de l'Institut Chrétien de Recherches et d'Etudes Sociales . En démontrant la conception matérialiste et technique de l'homme, l'ICRES décrypte et démine ce qui fait le mal être d'une large catégorie de salariés en France.

Pour respecter la nature humaine, il ne suffit pas de créer de nouveaux modèles de management et d'organisation. Il faut d'abord connaître le "matériau" – qui n'en est justement pas un – sur lequel s'applique la "science". Ici c'est la nature humaine. Et l'Experte en Humanité, c'est l'Eglise, et sa Science Humaine, c'est sa Doctrine Sociale.

 
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