| Sur la régularisation des sans-papier |
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| Écrit par François Joseph | |
| 28-03-2007 | |
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"J’étais étranger et vous m’avez accueilli" (Mt 25, 35). Cette phrase doit-elle engager tous les catholiques à demander la régularisation des sans papiers ? Il convient sur cette question d’opérer une distinction fondamentale dans la doctrine de l’Église entre ce qui relève de la morale individuelle et ce qui relève de la politique. Certes, le catholique a le devoir de secourir son prochain, celui qui est dans la détresse et ce devoir est impérieux et inconditionnel. Il relève de la charité fraternelle, de la morale et s’impose à chacun de nous, individuellement. Ainsi, quand une personne, étrangère ou non, catholique ou non, demande à être secourue, nous avons le devoir de l’aider et de l’accueillir. A l’échelle d’une nation, le raisonnement n’est pas le même car l’on ne se situe plus du point de vue de l’individu mais du point de vue d’une collectivité, d’une communauté dont il s’agit d’assurer le bien commun. Nous sommes ici dans l’ordre de la charité politique. "Tel est le domaine de la politique qui regarde les intérêts de la société toute entière et qui sous ce rapport est le champ de la plus vaste charité, de la charité politique, dont on peut dire qu’aucun autre ne lui est supérieur, sauf celui de la religion...". (Pie XI aux étudiants catholiques italiens, 18 décembre 1927). Dans le même ordre d'idée, on imagine aisément, en matière de défense du territoire, qu’une nation ne se laisserait pas agresser sans répliquer sous prétexte que le Christ a dit : "Quelqu’un te gifle-t-il sur la joue droite, tends-lui encore l’autre" (Mt 5,39)... Le non-respect des lois du pays d’accueil par les clandestins justifie, à lui seul, leur reconduite à la frontière. Seule la régularisation de certaines catégorie de clandestin pourra parfois être justifiée par le souci qu’a l’Église de protéger la famille, cellule de base de la société. Le Catéchisme de l’Église Catholique (§ 2241) précise : "Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption".
A cet égard, les reconduites à la frontière, voire les expulsions, ne portent pas par elle-même atteinte à la dignité humaine protégée par l’Église. Il est naturellement essentiel que celles-ci s’effectuent dans le respect de la dignité humaine due à tout homme. C'est ce qu'a précisé le pape Jean-Paul II dans son message écrit pour la journée mondiale du migrant et du réfugié en juillet 1995 :"la situation d’irrégularité légale n’autorise pas à négliger la dignité du migrant, qui possède des droits inaliénables, qui ne peuvent être ni violés, ni ignorés". Dès lors que cette dignité est respectée, la reconduite à la frontière n’est pas moralement critiquable. |
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