La foire, les faux semblants, l’esbroufe et la vraie décadence Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Louis Merlaud   
12-04-2007

Les sans voix, les jeunes, les enseignants, les chercheurs, les banlieues, les chiens battus, tout le monde aura son cadeau. On peut se moquer des promesses que font les candidats, car elles seront diversement tenues : les électeurs croyant aux promesses électorales seront diversement trompés. Il est pourtant une catégorie d’électeurs qu’on ne cherche pas à tromper du tout, car on ne leur promet rien du tout. Ce sont les catholiques.

A ceux là, on annonce l’ouverture « d’un grand débat » sur l‘euthanasie, on déclare vouloir ouvrir les commerces le dimanche dans la logique du « travailler plus pour gagner plus ». On glorifie Simone Veil, patronne de l’avortement. On interdit les préceptorats à la faveur d’une loi sur la protection de l’enfance. On abreuve le public de sondages assurant que les « catholiques » votent Sarkozy à 80%. On se déclare préoccupé par le « problème douloureux » de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, on promet de dépénaliser la drogue, ou bien d’en qualifier le trafic non plus de délit mais de simple contravention. On se déclare toujours davantage pour la laïcisation de la société et sa dissolution spirituelle. De par le nombre des candidats portant dans leur cœur l’anticatholicisme et n’ayant aucune chance d’être élus, la campagne électorale permet à chacun d’exposer ses obsessions dénaturées, sa haine de l’ordre naturel, sa névrose mortifère.

Il suffit d’écouter ces candidats pour être transporté au jardin de Gethsémani et prendre une bonne résolution de carême : Pie XII (20 avril 46) donnait « le conseil de ne pas fermer l’oreille aux leçons et aux avertissements de l’histoire. Celle-ci ne fournit jusqu’à aujourd’hui aucun exemple de peuple qui, après s’être détaché de l’Eglise, et de la civilisation catholique, y soit retourné intégralement. Ceux qui demeurèrent fidèles à l’Eglise purent bien lutter courageusement, héroïquement, mais, une fois consommé la catastrophe, une fois accompli le pas fatal, on n’a jamais pu, jusqu’à présent, arriver à une complète réparation et à une complète restauration ».

L’histoire montre qu’elle ne revient pas en arrière, qu’il n’est pas dans le plan de Dieu de laisser dilapider l’héritage et de nous le restituer ensuite comme si de rien n’était. De même que nous n’avons qu’une vie sur terre, de même n’avons-nous qu’une seule chrétienté. Nous sommes appelés à prendre une part toujours plus importante dans la vie publique de la nation. Cette participation comporte bien sûr le devoir électoral, mais aussi le devoir d’intervenir dans le débat public et de ne pas laisser aux ambitieux et aux incapables, le monopole de la parole et du pouvoir. Plus que jamais, rangeons nous du côté du Christ qui est Roi des nations et Roi de l’histoire.

 
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Collectif « Catholiques en Campagne »   14 rue Charles V   75004 Paris