Sur un Ministère de l'immigration et de l'identité nationale Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par François Joseph   
12-04-2007

"Cela rappelle Vichy", voilà en quels termes la presse a accueilli la proposition de création d'un "Ministère de l'immigration et de l'identité nationale" !

Ce poncif habituel permet certes d'éviter le débat. Mais pourquoi s'aveugler sur les difficultés de l'immigration telle qu'elle s'est développée en France, globalement, depuis trente ans ?

 

Les flux migratoires transforment en profondeur la société française. Leur impact est considérable sur le plan du volume. Les nouveaux venus apportent avec eux leurs traditions, leurs croyances, leurs modes de vie. Ces mouvements de populations se traduisent par des phénomènes de fragmentation, et de ghettoïsation.

Ce qui est en cause, c'est l'unité nationale.

 La notion d'identité nationale s'oppose justement au repli identitaire et au communauta­risme. Faut-il s'interdire en France de soulever la question « Qui sommes-nous ? » ?

La création d'un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale » est de ce point de vu légitime car il est normal qu'un Etat définisse une politique d'immigration. C'est le sens du message du conseil permanent de la Conférence des évêques de France à l'occasion de prochaines élections intitulé "Qu'as tu fais de ton frère" : "Nous estimons normal que notre pays définisse une politique de l’immigration. Cela fait partie de la responsabilité gouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cette question. Dans l’Église, cependant, il n’y a pas d’étranger : le baptême fait accéder, où que l’on soit, à la « citoyenneté » chrétienne et l’Évangile nous appelle à une fraternité universelle".

L’objectif de ce ministère pourrait être de poser les fondements d'une politique cohérente, organisée, de l'immigration. Le ministre nommé à sa tête en assumerait la responsabilité globale : définition du volume et des modalités de l'immigration, en fonction des capacités d'accueil de la France ainsi que de l'intérêt des pays d'origine ; co-développement ; adaptation des nouveaux venus aux principes fondamentaux du pays d’accueil.

De nombreux pays ont d’ailleurs déjà adopté un dispositif de ce type avec des appellations diverses : ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration au Canada ; ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles au Québec ; secrétaire d'État à la Nationalité, à la Citoyenneté et à l'Immigration au Royaume-Uni ; ministre de l'Immigration et de l'Intégration des Pays-Bas ; ministre de l'Asile et des Migrations de Suède ; ministre des Réfugiés, de l'Immigration et de l'Intégration au Danemark ; ministre de l'Immigration et de la Citoyenneté en Australie ; ministre de l'Immigration et de l'Assimilation en Israël. Là aucune voix ne s’était fait entendre pou dénoncer l’initiative…

 
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