| Ecologie ou alter-mondialisme ? |
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| Écrit par Georges Tartarin | |
| 18-04-2007 | |
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Les affiches électorales viennent de paraître, et voilà que la gauche prétend s’approprier l’écologie. Ainsi Dominique Voynet déclare que l’objectif des Verts est la « révolution écologique », tandis que José Bové, dont les combats contre les OGM auraient pu faire penser qu’il se rangeait aussi sous la bannière de l’écologie, annonce clairement la couleur en se plaçant sous l’étiquette « Pour une alternative à gauche ». D’où la question : l’écologie serait-elle une idéologie de gauche ? Pour bien comprendre les enjeux, il faut d’abord se souvenir que l’un et l’autre se disent « alter-mondialistes ». La référence à une vision mondiale est compréhensible, car on ne peut appréhender l’écologie sans une approche globale. On n’échappe pas non plus à une réflexion sur le pouvoir, ou les pouvoirs. Si l’on a le souci, en effet, des nombreuses nuisances que l’homme provoque par ses activités souvent polluantes, il faut bien se demander qui en est plus particulièrement responsable, où sont les centres de décision qui sont à l’origine de toutes les catastrophes écologiques que nous connaissons. Ceci nous amène à nous interroger sur le fonctionnement de l’économie, vu sous un angle planétaire. Si l’on interroge les mondialistes qui nous dirigent sur la façon dont ils voient le monde, ils vous diront que les acteurs économiques déterminants sont les entreprises, avant tout, et aussi les Etats, qui représentent pour eux des contraintes qu’il faut supprimer dès que possible. La conséquence de cette vision planétaire est la domination de l’OMC, avec en particulier le souci de ne pas nuire aux pétroliers et autres multinationales. Or les alter-mondialistes ne remettent jamais en cause cette vision mondialiste de l’économie. Ils veulent corriger l’OMC mais ne parlent pas de l’abolir, car il faudrait pour cela qu’ils aient la vision d’autres structures à mettre en place. La vision chrétienne de l’économie est tout autre. En nous appuyant sur le principe de subsidiarité, nous tombons en accord avec la proposition de Maurice Allais, qui recommande que le monde soit organisé sous forme de marchés communs régionaux, chacun pratiquant la « préférence communautaire ». Ces marchés communs régionaux regrouperaient des Etats totalement souverains. Ce n’est pas ainsi que se construit aujourd’hui la Communauté Européenne, nous le savons bien. Et enfin, dans chaque pays les corps intermédiaires participeraient activement à la vie économique. C’est une tout autre vision des centres de décision, qui rejoint complètement l’approche systémique. Celle-ci, aussi appelée « théorie des systèmes », analyse que les systèmes, s’ils ne sont pas du même niveau de complexité, comme c’est le cas, sont reliés entre eux par le principe de subsidiarité. On ne cesse de nous dire que le monde est aujourd’hui extrêmement complexe, et que c’est pourquoi il faut de longues et délicates négociations internationales pour résoudre, un à un, les nombreux problèmes qu’un développement anarchique ne cesse de créer. En fait, si l’on appliquait le principe de subsidiarité à l’échelle planétaire, bien des problèmes disparaîtraient rapidement. Car l’économie mondiale serait subordonnée à l’autonomie des personnes et des groupes. Favoriser le développement de sphères d’autonomie en Afrique, par exemple, c’est encourager l’agriculture vernaculaire au lieu de transformer ces populations en assistés. On sait bien en effet que l’ouverture des frontières a tué cette agriculture. Et lorsque l’on encourage le développement local, alors les habitants – qui ont retrouvé le pouvoir d’agir sur leurs conditions de vie - cessent de dégrader leur environnement, car ils savent que de là viennent leurs conditions de survie. En résumé, l‘écologie passe par la priorité donnée à l’autonomie des personnes et des groupes, ce qui est à l’opposé de la politique mondialiste. Mais cette approche chrétienne, qui est confirmée par la systémique, ne prend pas seulement en compte la dimension spatiale, mais aussi la dimension du temps. Par exemple, il est de bon ton de considérer que le réchauffement climatique que l’on constate serait dû principalement à l’activité humaine. Nous ne savons pas qui a tort et qui a raison sur cette question mais, de toutes façons, il est clair que de tels changements nécessitent de pouvoir regarder en arrière sur un siècle et même plusieurs, et en avant sur au moins cinquante ans. Ce qui signifie qu’une politique sérieuse en matière d’écologie ne peut s’appuyer que sur un pouvoir pérenne. Ou, pour le dire autrement, l’écologie politique est incompatible avec la démocratie parlementaire, essentiellement éphémère. |
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Collectif « Catholiques en Campagne » 14 rue Charles V 75004 Paris