Réponse du candidat Le Pen au courrier de Catholiques en Campagne Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Catholiques en Campagne   
19-04-2007

Le collectif « Catholiques en Campagne » a adressé fin mars un courrier aux candidats à l'élection présidentielle. Ce courrier demandait aux candidats de préciser leurs positions sur les grands sujets qui préoccupent tout spécialement l'électeur catholique.

Nous venons de recevoir aujourd'hui une réponse de Jean-Marie Le Pen (par la voie Michel Hubault), que nous reproduisons ci-dessous intégralement :

 


ImageMichel HUBAULT
responsable du pôle courriers thématiques
membre du bureau politique du FN
conseiller régional de l'Indre
 
Monsieur et Cher ami,
 
C'est avec beaucoup d'attention que le Président a lu votre courrier envoyé le 31 mars. Hélas, un emploi du temps fort chargé ne lui permet pas de vous répondre directement dans l'immédiat. Il vous prie de bien vouloir l'en excuser et vous remercie de l'intérêt que vous portez à sa campagne et de votre engagement au service des valeurs qui nous sont communes.
 
Il me charge de vous transmettre le chapitre de son programme présidentiel consacré à la famille et les réponses données à l'association Civitas. Ces deux textes montreront, s'il en est besoin, que Jean-Marie Le Pen est, face à madame Royal, messieurs Bayrou et Sarkozy, le candidat de la Vie et des valeurs chrétiennes fondatrices de la France.
 
Communiant dans la même Espérance française, je vous prie de croire, Monsieur et Cher ami, en l'expression de mes sentiments nationaux les meilleurs.
 
                                               Michel Hubault

Voici la première pièce jointe intitulée « réponses aux questions de l'association Civitas » :

Questions pour un candidat aux suffrages des catholiques

1. Quelle importance accordez vous aux racines chrétiennes de la France ?

Les racines chrétiennes de la France sont une évidence, marquée notamment par les figures historiques de notre premier roi, Clovis, baptisé en 496, de saint Louis et de sainte Jeanne d'Arc. S'épanouissant dans notre héritage culturel gréco-latin, ces racines ont assuré le rayonnement de la civilisation française.

2. Quelles sont les valeurs sur lesquelles vous comptez rebâtir la France ?

Le relèvement de la France passe par l'affirmation des valeurs fondatrices de notre civilisation que sont la famille, la patrie, la protection des plus faibles, le respect de la vie, le travail. A cela un préalable : dire la Vérité aux Français sur l'état de notre pays....

Place de la France

3. Comment concilier une Europe puissante et une France souveraine ?

Bruxelles nie les fondements mêmes de l'identité européenne :

  • ses racines chrétiennes que le projet de Constitution européenne refusait de mentionner ;

  • la souveraineté de ses Etats membres, alors que l'Europe est le premier continent sur lequel a été créé, sur le modèle français, le concept d'Etat-Nation ;

  • les limites géographiques du continent européen, en acceptant l'adhésion de la Turquie.

Une France de nouveau souveraine pourra créer une Europe des Nations s'étendant à la Russie, dont la puissance reposera sur la vitalité de ses

Etats et sur la maîtrise d'un espace considérable, « le continent boréal », allant de Brest à Vladivostok.

4. Comment la France peut-elle faire face au défi mortel de la mondialisation, notamment en ce qui concerne les emplois nationaux ?

La maîtrise retrouvée de nos frontières nous permettra, dans un cadre européen ou national, de mettre en place un nouveau protectionnisme, non pas autarcique, mais donnant aux producteurs français les moyens d'affronter à armes égales la concurrence internationale, grâce à des dispositifs comme la TVA sociale, des droits de douane remboursables, modulables et bonifiables.

5. Quelle politique pour que la France retrouve son rayonnement dans le monde ?

Il faut tout d'abord lui permettre de redevenir une nation souveraine, fière de son identité, prospère, ayant aussi les moyens militaires de sa politique.

Membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, disposant de l'arme nucléaire, possédant le troisième domaine maritime mondial, notre pays pourra alors mener une grande politique étrangère notamment :

  • dans le Pacifique, grâce aux territoires calédonien et polynésien ;

  • en Méditerranée dans le cadre d'une Union "gréco-latine" (le Portugal, l'Espagne, l'Italie, Roumanie, la Grèce...) ;

  • en Amérique où nous pouvons nous appuyer sur nos départements des Antilles et de la Guyane, sur l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon, sur les six millions de Français de souche du Québec et sur la « latinité » nous liant aux nations d'Amérique latine ;

  • dans l'Afrique francophone.

Ces atouts bien exploités permettront à la France, dans le monde occidental, de constituer un contrepoids à la puissance anglo-saxonne, de répondre à la menace de l'expansionnisme islamiste et à la montée des puissances indienne et chinoise.

Familles et mœurs

6. Quelles sont les mesures prioritaires que vous envisagez en faveur des familles ?

La famille assure non seulement le renouvellement de la population française, mais aussi la transmission des valeurs de notre société et la formation morale des nouvelles générations. Pour relancer la natalité française, rétablir les équilibres sociaux et moraux de notre pays, il faut mettre en oeuvre une grande politique familiale fondée sur les priorités suivantes :

  • des allocations et un revenu parental permettant une compensation réelle des charges résultant de l'accueil et de l'éducation d'un enfant ;

  • des prestations familiales attribuées sur des critères uniquement familial et national.

7. Etes-vous pour ou contre le mariage homosexuel ?

La loi doit disposer dans l'intérêt général de la société et non pas au profit de lobbies prétendant institutionnaliser un comportement qui relève uniquement de la vie privée des intéressés. Il est donc nécessaire de réaffirmer le principe selon lequel la famille, cellule de base de notre société, est fondée sur l'union d'un homme et d'une femme.

8. Pensez-vous remettre en cause la loi sur l’avortement ? Pensez-vous qu’il existe une alternative, dans l’adoption par exemple ?

La législation mise en place depuis 1975 ne répond pas aux objectifs fixés alors par le législateur : protéger la vie et répondre à la détresse des femmes ayant recours à l'avortement clandestin. Aujourd'hui, 220 OOO avortements officiels sont pratiqués chaque année en France et des dizaines de milliers d'autres ont encore lieu dans la clandestinité.

Sans revenir aux lois antérieures à la légalisation de l'avortement, qui ne répondaient pas non plus à leurs objectifs, il est nécessaire d'établir une nouvelle législation, donnant notamment la possibilité matérielle et morale à toutes les femmes enceintes d'accueillir la vie qui est en elles.

L'adoption prénatale permettant à tout couple qui ne peut pas avoir d'enfants d'adopter l'enfant à naître d'une femme ne désirant pas l'élever constitue une alternative à l'avortement.

9. En matière de bioéthique, êtes vous pour ou contre les expériences sur les cellules embryonnaires ?

Une société moderne, soucieuse du respect de la dignité humaine, ne peut accepter des expériences sur les cellules embryonnaires, remettant ainsi en cause le caractère sacré de la vie.

10. Etes vous prêt à voter une loi interdisant totalement l’euthanasie ou bien seulement en restreignant l’usage ?

Nulle loi, aussi restrictive soit-elle, hélas, ne pourra empêcher le recours à une telle pratique. Il est en revanche nécessaire, d'une part, de rappeler le droit qu'a toute personne d'être protégée depuis sa conception jusqu'à son terme naturel, d'autre part, de développer les soins palliatifs.

Immigration, Islam

11. L’immigration est-elle selon vous une « chance pour la France » ?

L'immigration que la France a accueillie jusque dans les années 70 était une immigration de travail, destinée à une économie de plein emploi, et d'origine européenne dans sa grande majorité.

Aujourd'hui l'immigration, qui croît au rythme de 300 000 entrées chaque année, constitue un poids économique et social de plus en plus lourd, 5 % seulement des nouveaux immigrés ayant un contrat de travail. Originaire dans sa grande majorité du monde musulman, au risque d'être prise en main progressivement par les réseaux islamistes, elle représente une menace pour la sécurité et l'identité de la France. A terme, si ce phénomène démographique n'est pas enrayé, notre peuple sera submergé.

12. Etes-vous favorable à la construction ou au financement des mosquées ?

Le financement public des mosquées souhaité par Sarkozy violerait la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat et constituerait une forme de discrimination positive en faveur d'une minorité, celle des musulmans, aux dépens de la majorité catholique.

D'autre part, alors que le pratiquant catholique a pour obligation de se rendre à la Messe chaque dimanche, parmi les cinq obligations imposées aux musulmans souhaitant pratiquer leur religion ne figure pas la fréquentation de la mosquée.

Les constructions de mosquées qui répondent à des revendications plus politiques que religieuses portent atteinte à notre environnement architectural et culturel.

13. Etes-vous pour ou contre une réforme du Code de la Nationalité ?

Il faut abroger toute procédure d'acquisition automatique de la nationalité (le droit du sol) et fonder le droit de la nationalité sur le principe suivant : « être français cela s'hérite ou se mérite ».

Avenir de la France

14. Quels sont selon vous les chances et les atouts de la France aujourd’hui ?

La France, contrairement à ce que prétendent les partisans de son engloutissement dans une Europe de Bruxelles sans âme et sans frontières, a encore des atouts : elle est la cinquième économie du monde ; si elle conserve son agriculture, elle peut devenir d'ici 20 ans une des principales puissances agricoles exportatrices à destination de la Chine et de l'Inde ; ses possessions outre-mer, son siège au Conseil de sécurité de l'ONU et la possession de l'arme nucléaire lui donnent une dimension mondiale que n'ont pas, à l'exception de la Grande-Bretagne, les autres pays d'Europe.

Surtout notre patrie dispose, son histoire l'a maintes fois démontré, d'une capacité de redressement relevant parfois de la Providence.

15. Quelles sont les trois premières mesures que vous prendriez à la tête de notre pays ?

Pour surmonter l'opposition des féodalités syndicales, médiatiques et financières ainsi que celle du conformisme de « la pensée unique », j'instituerai la République référendaire me permettant de faire adopter directement par le peuple français les grandes réformes nécessaires au redressement de notre pays :

  • le rétablissement de nos frontières, condition indispensable à la mise en oeuvre d'une nouvelle politique d'immigration et à la protection de notre économie ;

  • la réforme du droit de la nationalité ;

  • une grande politique de la famille.

 


Voici la deuxième pièce-jointe intitulée « chapitre du programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen consacré à la famille » :

CHAPITRE FAMILLE ET ENFANCE

A) CONSTAT

La famille est la cellule de base de notre société. Elle est le lieu privilégié de l’éducation des enfants et de la transmission des valeurs. Cependant, depuis de très nombreuses décennies, la France n’a plus de politique familiale. La relève des générations n’est plus assurée, l’institution familiale vit une crise sans précédent, et les familles subissent une grave régression sociale et financière.

La famille comme la Nation est au centre de toutes les attaques. Parce qu’elles sont l’une et l’autre le socle de notre identité et de notre avenir, certains veulent les dissoudre.

Naguère, quatre piliers supportaient l’édifice national : la famille, l’école, la religion et l’armée. Depuis 1968 surtout, la révolution silencieuse de l’anarchie et du mondialisme les ont ruinés. La famille traditionnelle, au cœur de la transmission des grandes valeurs morales et sociales qui structuraient notre peuple est en train de disparaître.

Une substitution de population

De surcroît, la politique anti-familiale poursuivie à un objectif délibéré : substituer à la politique de démographie française, une politique de peuplement par l’immigration. L’effondrement des naissances françaises – il y a en effet environ 700 000 naissances d’enfants Français de souche sur un total de 830 000 naissances et le nombre d’enfants par femme française est plus proche de 1,70 que de 2 – porte un préjudice grave à notre puissance politique et économique, ainsi qu’aux équilibres ­ sociaux.

Une des conséquences de la spirale démographique funeste dans laquelle la France se débat, est le vieillissement de la population française ainsi que l’allongement de la durée de vie de 15 ans en 50 ans. Si rien n’est fait dans les 5 ans, l’âge moyen sera de 45 ans en 2050, contre 39 actuellement. Les plus de 60 ans représenteront 46% de la population en 2050 (ce chiffre était de 25% en 2005).

D’après les chiffres du rapport Charpin, la France devrait passer d’ici à 2040 de quatre à sept retraités pour dix actifs et même, en 2050, à huit retraités pour 10 actifs.

La régression sociale des familles

L’absence de politique familiale aggrave la situation économique et sociale des familles françaises. En un demi-siècle, les prestations familiales ont diminué de près de 70% pour les familles avec 3 enfants et la dégradation de leur pouvoir d’achat est continue.

En 1945, les allocations familiales avaient été mises en place dans un objectif avoué de favoriser la natalité Française et d’aider toutes les familles, quel que soit leur revenu. Il n’y avait donc pas de conditions de ressources comme c’est devenu presque systématiquement le cas aujourd’hui.

Les propositions du candidat national doivent viser à relancer la natalité française, à redonner aux parents toute leur place dans la société, à promouvoir le modèle familial et à développer les moyens d’existence ou le niveau de vie des familles en compensant réellement les charges résultant de ­ l’accueil et de l’éducation des enfants.

B) MESURES

La relance de la natalité française

  • Création d’un revenu parental destiné à offrir, pendant la période souhaitée, aux mères ou aux pères de famille la possibilité de choisir librement entre l’exercice d’une activité professionnelle et l’éducation de leurs enfants. (Coût estimé : 15 milliards d’euros).
  • Description du dispositif : versement du SMIC pendant 3 ans pour le 1er enfant, renouvellement d’une durée de 3 ans pour le 2ème enfant et d’une durée de 10 ans pour le 3ème enfant.
  • Mise en place d’un statut juridique et social pour la mère (ou le père) de famille : protection sociale, droit à la formation professionnnelle et droit à la retraite.
  • Création d’un prêt familial aux logements. L’État doit consentir un effort pour permettre à chaque famille française l’accession à la propriété. (Taux du prêt : 1,5 taux de l’inflation).
  • Promotion de l’adoption prénatale. La déclaration prénatale de consentement à l’adoption permettra à tout couple ne pouvant pas avoir d’enfants d’adopter l’enfant à naître d’une autre femme qui ne désire pas le garder. Cette adoption ­ conférera les droits de la naissance légitime à l’enfant adopté.

Parallèlement, il sera mis en place une amélioration des conditions d’adoption des enfants français abandonnés.

La garantie du niveau de vie des familles

  • Redéfinition du rôle des C.A.F.

L’ensemble des prestations à la charge des C.A.F. (Caisses d’Allocations Familiales) sera établi ­ dorénavant sur des critères nationaux et familiaux et non plus presque exclusivement sociaux.

Les allocations familiales réservées aux familles françaises seront revalorisées et indexées sur le coût de la vie. Elles retrouveront pour objectif la couverture d’une partie conséquente du coût réel de l’enfant à charge.

  • Instauration de la carte France-Famille

La carte famille nombreuse laissera place à une carte France-Famille délivrée gratuitement à partir du deuxième enfant et donnant droit à des réductions dans les transports, dans les complexes sportifs (piscines…) et des avantages négociés avec des lieux culturels (théâtre, cinéma, musée…).

La protection et la valorisation de la famille

  • Politique de respect et d’accueil de la vie

La législation mise en place depuis la loi Giscard-Chirac-Veil ne répond pas aux ­ objectifs initialement fixés par le législateur: protéger la vie et répondre à la détresse des femmes ayant recours à l’avortement. Aujourd’hui 220 000 avortements officiels sont pratiqués chaque année en France.

  1. Il convient donc prioritairement de mettre en place une véritable politique familiale et d’accueil de la vie. L’adoption prénatale, la création d’un revenu parental, la définition d’un statut juridique et social pour la mère de famille et la revalorisation des allocations familiales réservées aux familles françaises constituent les moyens concrets pour réduire le nombre des avortements et relancer la natalité française. Chacun doit être conscient qu’il n’y a pas de redressement national sans redressement démographique.
  2. Parallèlement à ces mesures nouvelles de valorisation et de protection de la famille, nous nous engageons à demander aux Français par voie référendaire, de promouvoir une Nation ­ moderne soucieuse du respect de la dignité humaine par l’inscription dans les textes, qui fondent son existence et son développement, du caractère sacré de la vie et l’affirmation du droit à la personne à être protégée par la loi de sa conception à sa mort naturelle.
  • Défense de la structure familiale

Institution irremplaçable, la famille représente le caractère central de la société, la famille doit se fonder exclusivement sur l’union d’un homme et d’une femme et accueillir des enfants nés d’un père et d’une mère.

  • Défense de l’enfant contre la violence

La loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse et l’action renouvelée et encouragée des assocations familiales doivent permettre une meilleure protection des enfants contre toutes les formes de violences et tout particulièrement la violence pornographique.

 
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