| Réponse du candidat Sarkozy au courrier de Catholiques en Campagne |
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| Écrit par Catholiques en Campagne | |
| 30-04-2007 | |
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Le collectif « Catholiques en Campagne » a adressé fin mars un courrier aux candidats à l'élection présidentielle. Ce courrier demandait aux candidats de préciser leurs positions sur les grands sujets qui préoccupent tout spécialement l'électeur catholique. Nous avons reçu il y a quelques jours, sous format papier, une réponse du candidat Nicolas Sarkozy que nous reproduisons ci-dessous intégralement (NB : ce courrier est adressé au président du collectif « Catholiques en Campagne ») :
Monsieur le Président, Sur le sujet de l'avortement, je comprends tout à fait l'attachement qui est le vôtre au respect de la vie dès la conception. Je veux toutefois rappeler qu'avant l'adoption en 1974 de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, une grave inégalité séparait les Françaises : en effet, les femmes aisées pouvaient se rendre à l'étranger où elles avortaient dans des conditions correctes, tandis que celles de condition modeste, seules ou abandonnées, avaient recours à la clandestinité et mourraient parfois des suites d'interventions pratiquées en dehors de toute réglementation. Souvenons-nous aussi du courage de Simone Veil et combien une telle évolution législative a été un progrès pour nombre de femmes. Ayons la sagesse de reconnaître que l'avortement est un choix donné aux femmes et qu'il permet d'éviter les drames du passé. Par ailleurs, vous avez appelé mon attention sur la question de la fin de vie et de l'euthanasie. C'est une question très difficile. En 2005, un travail remarquable a été fait par la Commission parlementaire sur la fin de vie dans un esprit d'écoute et de conciliation des opinions. Le travail de cette commission a permis l'élaboration de la loi dite Léonetti qui représente un grand progrès et a permis de trouver un point d'équilibre entre toutes les sensibilités qui se sont exprimées sur le sujet. Elle a permis de poser certains principes, celui de suspendre ou de ne pas entreprendre des actes médicaux disproportionnés, le droit d'administrer des traitements contre la douleur dans les limites du strict nécessaire, le droit d'un malade conscient de décider d'arrêter ou de limiter un traitement ou d'écrire des directives anticipées et le devoir du médecin de respecter sa volonté, enfin le droit des médecins d'arrêter les traitements d'un malade inconscient, en fin de vie et sans espoir de retour, sous réserve de prendre la décision de manière collégiale et de consulter les proches. Cette loi a été un progrès. Sa mise en application commence seulement à prendre effet et doit être poursuivie. Nous devons absolument franchir une nouvelle étape en matière de développement des soins palliatifs. Les unités de soins palliatifs doivent être désormais la norme partout en France, dans tous les hôpitaux et les cliniques où elles sont nécessaires. Je suis pour le respect de la vie. Mais il y a des cas où la souffrance rend la vie impossible. Il y a des limites à la souffrance humaine. Je ne pense pas que cette question se règle par une loi. Un texte ne peut recenser tous les cas, ni donner une liste exhaustive de situations où la souffrance rend la vie intolérable. Je souhaite que l'on fasse confiance au dialogue. C'est au patient, à sa famille et au corps médical de trouver la solution adaptée. Je pense qu'il faut laisser une zone de liberté. Je souhaite qu'ensemble nous puissions continuer à dialoguer sur ce sujet sensible dans le respect des opinions pour trouver les solutions adéquates, Les Français souhaitent ce débat et j'y serai très attentif. En vous renouvelant mes remerciements et restant à votre écoute, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs. Nicolas SARKOZY Candidat à l'élection présidentielle
Voici notre commentaire sur ce courrier :Monsieur Sarkozy, en répondant aux questions posées par le collectif, montre son intérêt pour le vote des catholiques. Pour autant le contenu de ses réponses met en évidence que son programme est en contradiction formelle avec l’enseignement de l’Église. Sur l'avortement, Nicolas Sarkozy est totalement pour, et n'y met aucune espèce de réserve. La justification donnée est encore et toujours la même que celle qui avait permis d'emporter l'adhésion de l'opinion en 1975 : Les femmes avorteront quand même, à l'étranger pour les riches, et clandestinement pour les pauvres, il est donc préférable de légaliser et d'encadrer. Il est effrayant de constater qu'un sophisme aussi grossier puisse être utilisé par un potentiel président de la République ! Ce discours élimine en fait toute morale supérieur, en supposant que c'est la loi qui fait le bien et le mal. Car il n'y a aucune différence intellectuelle avec le raisonnement suivant : il y a toujours eu des assassinats et il y en aura toujours, donc légalisons l'assassinat pour qu'il se fasse dans de bonnes conditions, cela permettra d'éviter les drames passés et présents... Les choses sont plus floues sur l'euthanasie. Nicolas Sarkozy commence par défendre la loi Leonetti sur la fin de vie et fait la promotion des soins palliatifs... jusque-là très bien ! Ensuite, même s'il indique ne pas avoir l'intention de légiférer sur ce sujet, il laisse la porte ouverte à l'euthanasie en indiquant : « Je souhaite que l'on fasse confiance au dialogue... Je pense qu'il faut laisser une zone de liberté. » L'enseignement de l'Eglise Catholique sur ces points est parfaitement clair et nuancé, il peut se résumer de la façon suivante : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie... Sur ce sujet, nous vous renvoyons vers l'article d'Armelle Legoff : Le fallacieux pretexte de la souffrance
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