Sur la légitimité des politiques d'immigration Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par François Joseph   
17-05-2007

La politiqued'immigration, comme toute politique, est légitime àcondition de l'appréhender à travers le prisme du biencommun.

Le bien commun, d’aprèsle Catéchisme de l’Église Catholique (§1906),c’est "l’ensemble des conditions sociales qui permettenttant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindreleur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée".En fait, préserver le bien commun, pour une nation, signifiepréserver la paix sociale, la justice, en faisant en sorte quetoutes les conditions soient réunies pour que les citoyenspuissent s’épanouir aussi bien matériellement quespirituellement ou culturellement. Tout le monde doit veiller au biencommun mais en premier lieu, précise le Catéchisme,"ceux qui exercent la charge de l’autorité",c’est-à-dire les responsables politiques.

Dès lors, le bien commun exige que l’on protèged’abord les nationaux puis, une fois garanti leur épanouissement,les étrangers dans la mesure des capacités du pays.

Il est donc légitime qu'un Etat définisseune politique d'immigration. C'est le sens du message du conseilpermanent de la Conférence des évêques de Franceà l'occasion de prochaines élections intitulé"Qu'as tu fais de ton frère" : "Nousestimons normal que notre pays définisse une politique del’immigration. Cela fait partie de la responsabilitégouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cettequestion. Dans l’Église, cependant, il n’y a pasd’étranger : le baptême fait accéder, oùque l’on soit, à la « citoyenneté »chrétienne et l’Évangile nous appelle à unefraternité universelle".

Actuellement, notre pays n’a plus la capacitéd’accueillir de nouveaux migrants, non seulement pour des raisonséconomiques et sociales (chômage, délinquance,logement, etc...) mais aussi parce que les Français ne sonteux-mêmes plus conscients d’appartenir à une nation,avec une identité propre qu’ont forgée 2000 ansd’histoire.

Une autre communication des évêques deFrance précise cependant que la régulation del'immigration "doit préserver un droit d’accueil auxréfugiés politiques et aux personnes dont la sécuritéest menacée dans leur pays d’origine. Elle doit s’employerégalement à lutter contre les mafias et autres circuitsd’immigration clandestine".

Ainsi, quand les migrants sont l’objet de menacesréelles dans leur pays d’origine, l’asile doit leur êtreaccordé. C'est ce que disait le pape Jean-Paul II dans sonencyclique Laborem Exercens en 1981 :"L’émigrationest sous certains aspects un mal qui peut être en descirconstances particulières unmal nécessaire". En 1985, ildira aussi "qu’on ne peut pas, a priori, considérertoute émigration comme un fait positif, à rechercher ouà promouvoir".

De fait, l’immigration n’est pas et ne pourrajamais être « libre ». La terre n’estpas sans maître, les nations possèdent légitimementleur pays et peuvent, dans les limites de la justice et de lacharité, y admettre qui elles veulent.

Il existe aujourd’hui dans notre pays unevéritable idéologie de l’immigration, curieusementpartagée par le capitalisme le plus outrancier (pourbénéficier d’une main d’œuvre docile et peucoûteuse) et par un post marxisme utopique (qui voient dans lesimmigrés un prolétariat de substitution) qui estime quela Terre est une vaste étendue sans maître que doit separtager librement une humanité la plus cosmopolite possible.

Dans les deux cas, c’est dénier aux êtreshumains le besoin et le droit à de légitimesenracinements que l’Eglise a toujours favorisé et c’estencourager l’exploitation honteuse d’êtres humains miséreuxque l’Eglise a toujours combattu.

 
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