Une “charte des droits et des devoirs” ? Mais, elle existe déjà !
Écrit par Paul Hamon   
12-01-2010

Ces dernières heures, les médias ont répercuté la dernière trouvaille de M. Besson, ministre de l'Immigration, de l'Identité, etc, dans le contexte du débat sur l’identité nationale : une « charte des droits et devoirs », à signer par chaque jeune à sa majorité. Au-delà du coup médiatique, l'idéologie a encore frappé ...

Une énième opération de marketing politique

C'est devenu une manie de ce gouvernement : une succession de coups médiatiques, d'effets d'annonce, de « une » de médias, tient lieu de politique. On est dans le court-termisme, comme disent les économistes branchés. On ne joue que sur les émotions de l'opinion publique, que sur la psychologie des foules.


M. Besson a de qui tenir : son mentor, M. Sarkozy, en a fait un mode d'accession et d'exercice du pouvoir. Au bout du compte, peu de réalisations concrètes, peu de règlements au fond des problèmes, mais une litanie de cautères sur jambe de bois. Le superficiel, l'agitation érigés en action politique. Et le pays n'en sort pas grandi !

M. Besson vient donc de nous jeter un nouvel os à ronger, et vu la sensibilité du sujet, c'est le buzz assuré ! Précieux en ces temps où le niveau de l'indice de popularité est plus important que la côte d'amour ...

 

Inspirez-vous du Décalogue, monsieur le Ministre ! !

Un autre hic, c'est quand même le fond de la question : cette charte des droits et des devoirs. Alléchant quand même, cet équilibre apparent des droits et des devoirs. Depuis deux siècles, la propagande issue de la Révolution française n'a que le mot « droit » à la bouche. Des droits universels, théoriques, abstraits, subjectifs : une belle escroquerie intellectuelle, fondée sur une liberté dénaturée, violant les droits issus de la nature et ouvrant la porte à bien des injustices. Mai 68 a porté cette dérive à son zénith.

Le balancier revient lentement dans l'autre sens. Les termes « contre-partie », « obligation », voire « devoir », sont de moins en moins des gros mots. M. Besson donne un coup de pouce non négligeable en la matière.

Pourtant, le compte n'y est pas : il s'en faut de beaucoup ! Au-delà de la carte, les plats sont peu ragoûtants : il s'agit de poser un jalon de plus dans le conditionnement de la jeunesse, de lui faire adhérer à de fausses valeurs, à des principes faux, emprunts de subjectivisme et de relativisme. Cela sonne le faux et le creux !

Monsieur le ministre, la seule charte des droits et devoirs qui vaille doit être fondée sur le réel et sur la loi naturelle. Et parce que nos droits découlent de nos devoirs, on ne saurait trop vous recommander, pour la rédaction de votre charte, de vous inspirer du perfectionnement de la loi naturelle que constitue le Décalogue !